Faune sauvage. À l’abri du regard de l’Homme, elle se cache, tapie au creux d’un arbre, dans sa tanière ou tremblotant derrière un buisson de buis. Elle se fait minuscule, discrète, absente parfois. Elle pointe son nez dès lors que le crépuscule paraît dans ses atours cuivrés, zébrant le ciel de ses plus belles nuances. Dès lors que la nuit pourra bientôt l’embrasser toute entière et la dissimuler en même temps.
Elle s’éveille dans le bois sombre qu’une lune d’argent éclaire, diffuse, à la cime des arbres. Elle évolue silencieuse jusqu’à ce que la rosée de l’aurore dessine ses strass de lumière et se répande, de l’orée à la profondeur des forêts.
Et elle disparaît quand revient le jour. Mais au cœur des profondeurs des sous-bois, les frémissements imperceptibles ne trompent pas : elle est là quelque part. Elle résiste. Elle vit, plus vivante que jamais, sans faire de bruits : l’esprit de la forêt se nourrit d’elle et sa puissance si fragile en devient si touchante, si belle, si essentielle. Elle nous dépasse en grandeur et en humilité. Plongeons notre regard dans son œil, nous y lirons toutes ses peurs qui ne sont, ni plus ni moins, que le reflet des nôtres.
R.A


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