Regard sur l’existence : sur le sens de l’hiver

L’approche de l’hiver. Comme une nostalgie de l’enfance révolue en chacun, un rappel d’insouciance à conserver. Presque une pause contemplative à l’initiative des flocons de neige qui tombent, majestueusement, avec légèreté et lenteur.

L’approche de l’hiver. Le retour des journées froides, les hibernations des animaux, les sèves endormies au cœur des arbres qui se préparent au renouveau. Une invitation à ralentir, à connaître le repos, la chaleur bienfaisante d’un feu de bois. Une paix blanche et duveteuse qui émane des foyers éclairés, calfeutrés d’un épais manteau neigeux.

Si l’approche de l’hiver nous donne l’impression de subir la saison, je crois que c’est parce que nos vies mouvementées nous ont éloigné.e.s du rythme de la nature. Et donc, de nous-mêmes. Si la neige n’est plus synonyme de magie, de guimauves dans les chocolats chauds, si elle devient un obstacle pour les voitures qui se rendent au travail, c’est que nous sommes devenu.e.s folles et fous.

Si l’approche de l’hiver ne nourrit que l’espoir d’une fête pour surconsommer, d’une course aux dîners sans querelles, d’une avalanche de cadeaux, c’est que nous avons perdu le véritable sens de ce que signifie se réjouir des joies simples de célébrer l’hiver : retrouver des houx naturels dans les forêts, surprendre une mésange sur une branche couronnée de neige, partager en toute simplicité, avec les personnes qui comptent vraiment, un gratin de cardons, des châtaignes dorées, des biscuits aux épices, une boîte de truffes au chocolat.

L’approche de l’hiver. Une invitation à prendre son temps au contraire, à la modestie, à chérir le peu qui reste dans ce paysage blanc. Regarder, garder le plus important. L’amour, le temps, les joies, ne s’achètent pas avec des babioles mais se réalisent par l’authenticité de nos présences, qui, elles-mêmes, font que l’amour et les liens se perpétuent et durent grâce à nos souvenirs.

R.A

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